Le 9 avril, l’enseignement descend dans la rue.

Pas par réflexe, mais parce que les décisions politiques actuelles mettent en danger les personnels, les élèves et l’avenir du service public.

 

Le jeudi 9 avril 2026, le front commun syndical de l’enseignement descendra à nouveau dans la rue. Cette mobilisation ne relève ni d’un réflexe automatique, ni d’une posture symbolique. Elle répond à une accumulation de mesures et de signaux politiques qui fragilisent profondément l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, parce qu’à un moment donné, il faut arrêter de faire semblant que tout va bien.

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement une série de mesures techniques. C’est une transformation en profondeur de l’enseignement que le Gouvernement est en train d’imposer, et pas dans le bon sens.

 

Un prétexte budgétaire qui ne tient pas 💸⚖️

Le Gouvernement justifie ses décisions par une situation financière difficile. Le déficit est réel, personne ne le conteste, mais la lecture qui en est faite est, au mieux, partielle, au pire, orientée.

Les données montrent que les dépenses ont certes augmenté, mais dans un contexte d’inflation importante et sans explosion de la population scolaire . Plus fondamentalement, la part du budget consacrée à l’enseignement dans la richesse nationale diminue depuis des années. Le sous-financement de l’enseignement n’est donc pas une dérive récente : c’est un choix structurel.

Autrement dit, on demande aujourd’hui à l’école de payer une facture qu’elle n’a pas créée.

 

Des mesures qui touchent directement les personnels 🧑‍🏫💥

Au-delà du discours, ce sont des décisions concrètes qui impactent directement les enseignants et les équipes éducatives.

Plusieurs mesures visent à réduire les protections en cas de maladie, notamment avec un passage immédiat à 60 % du traitement en disponibilité pour raison médicale, ou encore une limitation stricte du mi-temps thérapeutique. Ces dispositifs, qui relevaient jusqu’ici de la protection sociale, deviennent des variables d’ajustement budgétaire.

Parallèlement, la charge de travail augmente. Dans l’enseignement secondaire supérieur, le passage de 20 à 22 périodes représente une hausse significative du temps de travail, avec à la clé des suppressions d’emplois en masse. D’autres mesures viennent encore alourdir le quotidien : réduction des congés pour missions, limitation des détachements, ou encore redéploiement forcé des personnels.

Pris isolément, chaque dispositif peut sembler technique. Mis ensemble, ils dessinent une logique claire : faire plus avec moins, en transférant la pression sur les travailleurs.

 

Un métier vidé de son sens 🎓❌

Au-delà des économies immédiates, c’est la vision même de l’enseignement qui est en jeu.

Les réformes déjà adoptées ou annoncées traduisent une évolution vers une gestion plus utilitariste du système éducatif : élargissement des réaffectations, allongement des carrières, recours accru à des profils non formés pédagogiquement, ou encore rapprochement avec le secteur privé .

Dans le même temps, certaines perspectives de carrière sont réduites, comme la fin de la valorisation de certains parcours de formation. D’autres mesures à venir (barèmes, contractualisation, dispositifs type « CDI-e ») laissent entrevoir une remise en cause progressive du modèle statutaire.

Le risque est clair : une dévalorisation du métier, une augmentation de la pénibilité et, paradoxalement, un renforcement de la pénurie que ces politiques prétendent combattre.

 

Un affaiblissement de l’enseignement public 🏫⚠️

Enfin, plusieurs décisions affectent directement les moyens des établissements, en particulier dans l’enseignement organisé.

La diminution des dotations, les prélèvements sur les budgets des écoles ou encore certaines réformes structurelles (CPMS, enseignement pour adultes, encadrement différencié) participent à l'affaiblissement global du service public d’enseignement.

Dans ce contexte, les inégalités risquent de s’accentuer, tant pour les élèves que pour les équipes éducatives.

 

Se mobiliser pour défendre un projet d’enseignement 🚶‍♂️🚶‍♀️📢

Face à ces constats, la mobilisation du 9 avril vise à porter un message clair : l’enseignement n’est pas une variable d’ajustement budgétaire.

💢 Non, l’enseignement n’est pas un coût à réduire.

💢 Non, les enseignants ne sont pas une variable d’ajustement.

💢 Non, on ne résoudra pas la pénurie en dégradant encore les conditions de travail.

Le SLFP-Enseignement défend une vision d’un service public fort, financé à la hauteur de ses missions, respectueux de ses personnels et garant de l’égalité des chances pour tous les élèves.

Le 9 avril, il ne s’agit pas simplement de manifester. Il s’agit de rappeler une évidence que certains semblent avoir oubliée : sans enseignants respectés, sans moyens suffisants, sans vision cohérente… il n’y a pas d’enseignement de qualité.

 
C’est dans cet esprit que nous appelons nos affiliés à participer massivement à la manifestation organisée à Bruxelles, au départ de la gare du Midi à 9h30.

 

Parce qu’à force de tirer sur la corde, elle finit toujours par casser...