Une réunion qui laisse beaucoup de questions sans réponse 🧐
Une première réunion consacrée au projet de réforme des Centres PMS (CPMS) s’est tenue avec les acteurs de terrain, organisée par le Cabinet de la Ministre Glatigny.
Dès le début de la rencontre, la représentante du Cabinet nous a indiqué que plusieurs textes circulaient à propos de cette réforme, tout en précisant qu’il ne fallait pas en tenir compte car ils ne seraient pas corrects. Une situation pour le moins étonnante...
Durant cette réunion, aucune réponse concrète n’a été apportée aux nombreuses questions soulevées. La représentante du Cabinet disposait en effet uniquement d’un mandat d’écoute.
Un élément important est néanmoins apparu : le projet de décret aurait été rejeté en première lecture au Gouvernement, notamment en raison d’un manque de concertation avec les acteurs de terrain.
Le SLFP-Enseignement s’interroge donc sur l’objectif réel de cette réunion. S’agissait-il simplement de répondre formellement à une demande du Gouvernement ou Madame la Ministre entend-elle réellement prendre en compte les remarques formulées par les acteurs de terrain ? Obtiendrons-nous enfin des réponses à nos questions, et dans quels délais ?
Un projet présenté au travers d’un PowerPoint 🖥️
Lors de la réunion, un PowerPoint retraçant le cheminement du projet depuis l’Avis n°3 du Pacte pour un Enseignement d’excellence a été présenté.
Ce document était censé synthétiser les demandes issues du processus participatif mené avec les acteurs de terrain.
1. Réforme des normes d’encadrement 🧮
Selon la présentation du Cabinet, la première demande issue du terrain concernerait la réforme des normes d’encadrement, jugées aujourd’hui dépassées. Le système actuel par paliers serait considéré comme inefficace.
La piste envisagée consisterait à remplacer ce système par une enveloppe globale de points, basée sur une pondération des élèves. Chaque élève générerait ainsi une fraction de points déterminant les moyens attribués au centre.
Le SLFP-Enseignement a immédiatement demandé des précisions :
❓combien de points seraient attribués aux centres en fonction de leur population scolaire ?
❓ Des projections ont-elles été réalisées ?
Travailler dans une logique d’enveloppe fermée pose en effet un problème majeur : cela ne permet pas de tenir compte de l’évolution de la population scolaire ni des variations parfois imprévisibles auxquelles les CPMS doivent faire face.
Par ailleurs, la réforme prévoit que tous les CPMS deviennent mixtes, ce qui impliquerait la disparition des centres spécialisés.
Pour le SLFP-Enseignement, la disparition des CPMS spécialisés est inadmissible.
2. Redéfinition de l’identité et des missions des CPMS 🎯
Une deuxième demande issue du processus participatif concernerait la clarification de l’identité et des missions des CPMS.
Le Cabinet propose d’organiser l’action des CPMS autour d’une mission générale : soutenir le bien-être des élèves tout au long de leur scolarité.
Cette mission s’articulerait autour de cinq axes :
✅ relation école-famille
✅ aide à l’orientation
✅ repérage des difficultés d’apprentissage
✅ guidance psychosociale et affective
✅ prévention de l’absentéisme et du décrochage
Pour le SLFP-Enseignement, ces axes ne répondent pas aux situations de crise qui se multiplient dans la population scolaire.
Écrire la prévention dans un décret ne suffira pas à la mettre en œuvre concrètement sur le terrain. La charge de travail explose déjà alors que les moyens n’augmentent pas en proportion.
Nous constatons également un recentrage de façade sur le bien-être, tandis que certaines formulations limitent la portée réelle des missions :
relation école-famille plutôt que soutien à la parentalité, repérage des difficultés d’apprentissage plutôt que repérage des difficultés au sens large, ou encore l’absence de référence claire à l’éducation à la santé.

3. Orientation : d’une information à un accompagnement généralisé 🎓
Le projet affirme vouloir maintenir l’ensemble des missions actuelles, notamment l’information sur les filières.
Cependant, l’orientation n’y est plus envisagée comme une mission d’information ponctuelle, mais comme un processus d’accompagnement progressif pour chaque élève.
Le SLFP-Enseignement constate ainsi un passage d’une intervention ciblée vers une intervention généralisée, sans octroi des moyens nécessaires pour assumer cette évolution.
4. Renforcement de la prévention 🛡️
La réforme prévoit d’intégrer la prévention dans les missions et dans la gouvernance des centres.
Concrètement, cela passerait notamment par l’élaboration de plans de pilotage et de contrats d’objectifs.
Pour le SLFP-Enseignement, cette approche risque surtout d’alourdir considérablement la charge administrative des directions et des équipes. Il est également important de souligner que cette demande n’a jamais émergé du terrain lors du processus participatif.
Comment imaginer gagner du temps alors que certains CPMS devront contractualiser avec plusieurs dizaines d’écoles, parfois jusqu’à soixante établissements ?
5. Partenariat avec les écoles 🏫
Le projet vise également à clarifier les relations entre les CPMS et les écoles.
Pour cela, il prévoit une double contractualisation reposant sur :
➡️ un projet de centre
➡️ un plan de pilotage
➡️ un accord de collaboration avec les écoles
Le tout en réaffirmant l’autonomie des CPMS. Il serait également prévu qu’un local soit mis à disposition dans chaque école.
Pour le SLFP-Enseignement, ces nouvelles obligations risquent surtout d’augmenter considérablement la charge de travail, sans que les moyens financiers et logistiques nécessaires ne soient prévus.
6. Articulation avec les autres acteurs 🌐
Une autre demande évoquée concerne une meilleure lisibilité des actions des CPMS et une meilleure articulation avec les autres intervenants.
Un texte spécifique serait ainsi consacré à la collaboration avec différents partenaires :
🤝 les services PSE
🤝 les pôles territoriaux
🤝 d’autres acteurs externes
Le SLFP-Enseignement sera particulièrement attentif au respect des spécificités des centres qui exercent également des missions PSE.
7. Allègement de la charge administrative 📂

Enfin, la réforme annonce la mise à disposition d’un soutien administratif dans chaque centre.
Mais à nouveau, plusieurs questions restent sans réponse :
❓ avec quels moyens ?
❓ selon quelles modalités ?
Le projet évoque également la mise en place d’outils numériques spécifiques.
Le SLFP-Enseignement attend des précisions à ce sujet et restera vigilant afin que ces outils ne se traduisent pas par de nouvelles plateformes administratives qui alourdiraient encore la charge de travail des directions et des équipes.
Conclusion : une réforme qui ne répond pas aux besoins du terrain 🚨
Pour le SLFP-Enseignement, cette réforme ne répond pas aux demandes du terrain !!!
Ce ne sont pas de nouvelles formulations de missions qui permettront de résoudre les difficultés actuelles. Aucune projection concrète n’a été présentée et il est aujourd’hui impossible d’objectiver les impacts de cette réforme sur les membres du personnel.
Il est particulièrement préoccupant de vouloir désorganiser un service essentiel à un moment où la santé mentale des jeunes constitue un enjeu majeur.
Nous rappelons également que les réformes socio-économiques annoncées par le Gouvernement Arizona risquent d’accentuer la précarisation des familles, avec des conséquences directes sur le bien-être et la santé mentale des élèves.

