Article paru dans notre revue "Argument" de septembre 2025.
Alors que débute une nouvelle année scolaire, le paysage de l’enseignement continue à évoluer à un rythme soutenu. Cette rentrée est marquée par plusieurs réformes structurelles qui affectent directement les personnels de l’enseignement, tant sur le plan pédagogique qu’en matière de statut et de fin de carrière.
Parmi les dossiers prioritaires, depuis le 12 février 2025, le Service fédéral des pensions (SFP) a suspendu la transmission des « dates P » à la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Ces dates, indispensables pour valider les demandes de disponibilité précédant la pension de retraite (DPPR), déterminent la première date de droit à la pension. Cette interruption bloque actuellement 337 demandes dont la prise de cours était prévue en mars 2025, tandis que les 6 904 enseignants déjà en DPPR ou ayant reçu leur date P avant cette suspension voient leur situation maintenue. Face à ce blocage, le SLFP a réagi vigoureusement : interpellation du ministre fédéral en charge et procédures judiciaires devant le Tribunal de Première Instance. Bien que légalement toujours en vigueur, le dispositif DPPR est aujourd’hui fragilisé, sans perspective claire sur son avenir.

Régime des pensions
Parallèlement, une réforme en profondeur du régime des pensions est en cours au niveau fédéral, portée par la coalition Arizona. Dès 2027, le calcul de la pension ne se fera plus sur la moyenne des dix dernières années, mais s’étendra progressivement à l’ensemble de la carrière, ce qui pourrait réduire le montant mensuel de 400 à 500 euros nets pour certains enseignants. De plus, les périodes de réduction de carrière via la DPPR ne seraient plus intégralement prises en compte dans le calcul : elles compteraient pour 50 % dès 2027, puis seulement 20 % à partir de 2033. D’autres mesures sont également envisagées, comme la suppression du système de jours de maladie capitalisés dès 2026, et l’introduction d’un malus sur les pensions anticipées. Enfin, la suppression annoncée de la pension de survie inquiète particulièrement, car elle pourrait plonger certaines veuves ou veufs sans carrière propre dans la précarité après deux ans d’allocation transitoire.
En somme, si la DPPR reste actuellement applicable dans son cadre légal, elle est fortement remise en question par l’absence de dates P et par les réformes à venir. Quant aux pensions, les nouvelles règles envisagées à partir de 2026 pourraient avoir un impact financier significatif, en particulier pour les enseignants en fin de carrière.
Le SLFP-Enseignement reste pleinement mobilisé sur ce dossier. Nous exigeons des garanties claires et un moratoire sur tout changement tant que la situation n’est pas stabilisée. Une circulaire explicative de la FWB est attendue pour clarifier les procédures.
Évaluations transitoires
Sur le plan pédagogique, l’année scolaire s’ouvre par des évaluations transitoires en P3 et P5, pour cette année scolaire 2025-26, suivie, dès 2026-27, par une nouvelle évaluation non certificative dite "Clé", début
de 4e primaire, focalisée sur les savoirs de base. Présentées comme des outils de pilotage, elles posent toutefois question quant à leur impact sur la charge de travail et leur utilité pédagogique réelle, vu qu’elles
balaient les nouvelles matières propres au tronc commun. Le SLFP sera attentif à leur mise en oeuvre et aux moyens accordés aux équipes.
Le décret programme de l’été
Le décret programme de l’été apporte aussi son lot de modifications, notamment dans les procédures de réaffectations. Ces ajustements, parfois techniques, auront des conséquences concrètes et désastreuses
pour les enseignants confrontés à des pertes d’heures ou de fonction.
Voici quelques exemples : réaffectations dans un emploi pour lequel le MDP en perte de charge est titre suffisant, ou de pénurie ; réaffectation en interréseaux, … Il est indispensable que ces processus restent transparents et équitables.
Évolution positive
À noter malgré tout une évolution positive : l’abaissement des seuils pour justifier un poste de direction dans l’enseignement fondamental à temps plein. Cette mesure permettra à plusieurs petites écoles de maintenir leur direction sans charge de classe, ce que le SLFP réclamait de longue date. Nous restons cependant vigilants quant aux moyens réels mis à disposition pour accompagner ces postes.
Plusieurs chantiers
Enfin, dans l’enseignement pour Adultes et l’enseignement supérieur, plusieurs chantiers sont en cours, notamment en ce qui concerne les statuts, le financement et la reconnaissance du travail des équipes. Le
SLFP y défend une approche cohérente, équitable et stable pour les personnels concernés.
Dense et incertaine
En conclusion, cette rentrée 2025 s’annonce dense et incertaine. Mais vous pouvez compter sur l'engagement du SLFP-Enseignement pour défendre vos droits. Que ce soit dans les écoles, les commissions paritaires ou devant les tribunaux, nous restons à vos côtés.
Une brochure de rentrée détaillant l’ensemble de ces réformes a été remise à nos délégués syndicaux, en ce début d’année. N’hésitez pas à la consulter ou à nous contacter pour toute question.
Nous vous souhaitons à toutes et à tous une excellente année scolaire 2025-2026.